Montauk, c’est un son qui arrive doucement. Quelque chose de calme, un peu sombre et qui prend le temps de s’installer. Une musique en anglais, aux contours froids, traversée par une espèce de nostalgie lumineuse. Comme un paysage qu’on reconnaît sans savoir exactement d’où.
Il y a chez Montauk l’idée de grandes plages vides, de vent et d’une mémoire qui nous fait un peu défaut. Des morceaux où les arpèges retiennent longtemps, puis finissent par lâcher.
Le son est épuré mais jamais lisse. Il emprunte à une certaine folk électrique habitée autant qu’à une écriture plus dense, traversée par une tension sourde, dans l’esprit de Daughter ou Still Corners.
Chez Montauk, l’écoute appelle des images autant qu’elle raconte des émotions. Une mélancolie douce, jamais appuyée. Une manière de faire exister les choses sans les expliquer, dans cet espace entre le souvenir et la sensation.
À l’effet, Montauk préfère la trace. Cette sensation qui persiste après l’écoute, quand on ne sait plus très bien si ce qu’on ressent vient du morceau ou de soi.